Citoyens concernés

Le mois de juillet vient d’ouvrir en fanfare le deuxième semestre 2018 qui s’annonce prolixe en matière de bioéthique. Le CCNE, après son avis (tant attendu) du 15 juin 2017, publie le rapport des États généraux de la bioéthique qu’il a organisés durant le premier semestre par des consultations en ligne et des réunions publiques.

Fertile Vision, pourquoi ?

dimanche, 25 février 2018

En arrêtant mes activités professionnelles en 2017, j’ai souhaité donner de mon temps à la société dans laquelle j’ai exercé mes activités professionnelles de médecin et de biologiste de la reproduction, juste retour des choses envers celle qui m’a tant appris.

Si je fais partie de ceux qui pensent qu’il y a un âge pour être parent et un autre pour être grand-parent, la récente décision de justice1 de fixer un âge paternel limite à « environ 59 ans », remet en question la position du législateur qui, plutôt que d’imposer un couperet, laisse aux équipes pluridisciplinaires et aux couples, le soin de décider au cas par cas, pour les rares situations problématiques. Cette position de sagesse de « l’âge de procréer »2 pour les deux membres du couple est retenue par d’autres pays européens et n’a, jusqu’à présent, pas posé de sérieux problème3. L’ensemble des équipes françaises prennent en compte l’âge des deux membres du couple pour décider de leur prise en charge en PMA, depuis et avant même la première loi de bioéthique de 1994. 

Elles se rajoutent aux demandes d’origine pathologique. 

Il est intéressant de voir s’opposer ceux qui considèrent qu’il n’y a pas d’objection morale pertinente à conserver des ovocytes entre les femmes en bonne santé et celles survivant d’un cancer et ceux qui au contraire estiment que l’autoconservation ovocytaire ne doit être utilisée que pour une raison médicale même pour celles survivant à un cancer, en restant limitée aux femmes en âge de procréer. Cette dernière position ne répond pas cependant aux femmes en bonne santé qui souhaiteraient préserver leurs ovocytes afin de prévenir les effets d’un cancer potentiel sur leur fertilité. 

Alors que les Etats généraux de la bioéthique battent leur plein et que le CCNE s’apprête à rédiger un rapport pour le mois de juin sur les thématiques susceptibles d’être abordées lors de la prochaine révision de la loi de bioéthique, une question d’ordre général m’est posée de façon récurrente : certains droits fondamentaux de l’homme et la biomédecine pourraient-ils être influencés voire menacés par certains courants philosophiques ? 

Trois points sont abordés :

  • l'évolution des outils génétiques à notre disposition,
  • les avancées à grand pas de la recherche sur la modification du génome,
  • la réflexion éthico-juridique sur les instruments juridiques contraignants.

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